Toute la famille Barracatto quitte le petit village de Lercarra Fridi le 5 octobre 1951 pour le plat pays. Son père Peppino avait précédé sa femme Nina et leurs deux garçons, Rosario et Francesco, et travaillait dur dans une mine de charbon. Six autres enfants verront le jour. De cette vie difficile, le petit immigré gardera pourtant un merveilleux souvenir. Son père anime la maison familiale de sa voix forte et donne à son fils le goût du chant et de la musique. A l'âge de douze ans, Frédéric-Francesco s'achète une guitare et suit les traces de son père, chanteur à l'occasion dans les cabarets, le soir après la mine. Après de nombreuses tentatives de groupe, toutes aussi rapides les unes que les autres, le jeune homme obtient la permission de s'inscrire au Conservatoire de Musique. Il y joue du violon, et y apprend le chant. Extrêmement doué, le succès ne se fait pas attendre. Remarqué par Lucien Morisse, producteur à Europe 1, il remporte de nombreux prix dont celui du Microsillon d'Argent du Festival de Châtelet en Belgique. Puis il enregistre ses premiers 45 tours, tout d'abord sous le nom de François Barra (Petite fille ne pleure pas 1966) puis sous le nom définitif de Frédéric François (Sylvie 1969).
Nous sommes en 1970 et le jeune homme croit dur comme fer en son étoile. Je n'ai jamais aimé comme je t'aime est son premier succès en 1971 et scelle le style Frédéric François : des chansons d'amour, toujours, interprétées d'une voix chaude et colorée (la mode des chanteurs méditerranéens bat son plein : Enrico Macias, Julio Iglesias,...). Très vite, il est remarqué et célébré dans toute la France. Chacun de ses disques conquiert un public largement féminin et lui permet de s'exporter facilement. Dès lors, les frontières ne lui résistent plus. Ses tournées le mènent au Canada, en Suisse, en Belgique,... où l'on reprend en ch½ur ses plus grands tubes : Mon coeur te dit je t'aime, Chicago, Je t'aime à l'Italienne, Fou d'elle, On s'embrasse on oublie tout,... Ses plus beaux spectacles ont lieu sur la mythique scène de l'Olympia, qu'il foule à de nombreuses reprises et dont sont issus certains de ses albums « live » (dont les vidéos Olympia 94, 96 ou 98).
Etrangement, Frédéric François n'est pas un chanteur à la mode, mais appartient malgré cela à toutes les générations depuis plus de trente ans. Une éternelle reconnaissance due au charisme et à la simplicité de ce père de quatre enfants (Gloria, Vincent, Anthony, et Victoria) qui, en dehors des studios ou des médias, reste un homme ouvert, chaleureux et honnête. Fidèle aussi, tant à ses origines italiennes qu'à ses convictions (il chantera même devant le Pape en 1996).



